La première chose que j’aimerais déposer sur la table c’est...
Comment est-ce qu’on peut se définir ?
Notre métier, notre statut social, nos possessions, nos finances ?
Je crois que, chacun peut se définir et découvrir son identité au travers de ce qu’il y accorde de l’importance et y attribue de la valeur.
Alors qui est Louis-Philippe ?
Je suis un être multidisciplinaire et curieux de nature...
Ça semble un bon qualificatif de ma personnalité.
La quête de sens fut la base de mon existence.
Suis-je parvenu ?... J’y répondrai plus tard...
La consommation a fait partie intégrante de mon développement, de mes 10 à 26 ans
Dès mes 10 ans, la consommation a pris place et j’y ai trouvé mon refuge. Un endroit, où j’ai pu me déposer, en toute tranquillité… c’est très flou et c’est bien correct comme ça. La fuite était mon moyen de protection par excellence, autant la fuite physique que psychologique, je voulais m’évader du monde réel. Difficulté d’apprentissage et de concentration... j’ai passé entre le mur et la peinture mon monde émotionnel.
Le sentiment d’appartenance est l’une des caractéristiques indispensables pour se sentir reconnu dans un groupe. J’ai vendu des stupéfiants dès l’âge de 14 ans jusqu’à mes 21 ans. Cela m’a permis d’exister, d’une façon inappropriée mais d’avoir la reconnaissance de mes pairs. Traîner dans les parcs, les bars et les clubs c’était ma façon de vivre.
Joueur de baseball l’été et hockey l’hiver, le tout s’est terminé à 14 ans suite à une déchirure du ligament croisé antérieur de mon genou droit. La consommation n’a fait que s’accentuer. J’ai eu trois opérations au genou, de mes 16 à 18 ans, je repartais au galop trop rapidement et me blessais de nouveau. Aujourd’hui, j’entretiens du mieux que je peux cette blessure de mon passé.
J’ai consommé durant tout mon secondaire, qui s’est terminé à mes 18 ans avec un secondaire trois à moitié complété.
Des années de party, de rumba remplies de hauts et de bas...
Je pourrais écrire un livre juste des situations rocambolesques auxquelles j’ai dû faire face ainsi que le nombre de fois où j’ai conduit mon véhicule, intoxiqué plus souvent qu’autrement avec des passagers à mes côtés.
15 juillet 2012, j’ai eu un grave accident de voiture dont je n’ai aucun souvenir encore aujourd’hui et heureusement aucunes séquelles majeures, Dieu Merci.
Quand la solution à tous mes problèmes...
Est devenue mon problème…
J’ai eu plusieurs signes extérieurs qui m’indiquaient que j’avais un réel problème de consommation, mais je ne les voyais pas… Quand tu es prisonnier dans ta propre prison, les barreaux font parties intégrantes de ton décor et il est difficile d’en prendre conscience… La Vie a dû me faire mal assez profondément pour que je remettre en cause mon existence, mes croyances, mes valeurs et la conception du monde que je me faisais…
La souffrance est un pilier majeur du changement… Quand j’ai atteint le fond du baril, il n’y avait aucune autre option envisageable... c’était soit mourir ou prendre ma responsabilité. Alors, j’ai frôlé la folie et la mort pour en venir à me responsabiliser tranquillement. C’est un pas à la fois, une marche à la fois que j’ai commencé mon ascension.
Donc, le 10 juillet 2013 fut la date butoir de mon arrêt de consommation de toutes substances confondues et le début de mon rétablissement... Cela a complètement changé ma vie. J’ai franchi des monts Everest depuis ce jour. De l’incapacité à m’exprimer adéquatement, de nommer ce qui m’habite, j’ai dû apprendre à marcher un chemin qui m’était inconnu jusqu’à ce jour.
J’apprenais sur moi, sur mes comportements et mes réactions. Je parvenais de mieux en mieux à identifier ce qui m’habitait et d’être en mesure de communiquer mes sentiments et mes émotions. De déposer des mots sur mes maux, de m’en libérer progressivement et de les exprimer adéquatement en gardant mon calme... J’avançais sur mon chemin et j’étais fasciné par le fonctionnement de mon esprit, de mes réactions et des sensations dans mon corps physique... Tout est interrelié dans notre monde intérieur.
Je suis un être doté d’une grande sensibilité…
La sensibilité est un super pouvoir, quand on en comprend le fonctionnement… mais peut être très handicapante quand on ne peut déchiffrer sa mécanique. J’ai anesthésié cette partie de moi en consommant, durant toute mon enfance jusqu’à l’âge adulte. J’ai dû apprendre à marcher le chemin de l’invisible et croyez moi, j’en ai souffert longtemps. Se baliser en partant du néant, apprendre qui je suis vraiment. C’est en posant un pied devant l’autre que j’ai découvert mes travers…
Durant ces années, plus je me rétablissais et plus l’être humain me fascinait, me donnait envie de l’étudier. Comme j’étais mon principal sujet expérimental, j’ai commencé à m’éduquer. La littérature a été ma première nourriture spirituelle. Apprendre le fonctionnement humain, les processus psychiques, les mécanismes psychologiques, la communication, l’identification de ce qui est en nous, la relation avec mon corps physique, l’apport nutritionnel et énergétique qu’on en retire, l’entraînement physique. Tout ce qui touche à l’humain et son fonctionnement m’interpelle. Nous sommes des êtres si complexes et multidimensionnels... Ce qui veut dire qu’une action dans un domaine peut en affecter des dizaines d’autres... Fascinant. J’ai enfin trouvé une avenue qui m’abreuve à la soif de mes besoins. Plus j’en apprends, plus j’en ai à apprendre.
De l'écho du vide à la quête de sens...
De par l’éducation que j’ai reçue, de mon environnement ainsi que mon entourage, il faut travailler dur pour mériter notre salaire… Je viens d’un monde ouvrier et j’ai appris d’eux… Je me souviens d’être malade avant d’aller au travail dès mon adolescence, devoir entrer dans un moule qui ne me convenait pas… Dure réalité que je n’ai jamais digérée. Cela faisait un non-sens, une condamnation de devoir donner mon temps, mes journées, à un endroit où je n’avais pas nécessairement envie d’être. Impossible que ma vie se résume à ça... La consommation fut mon médicament pour me permettre d’avancer sur cette avenue. Travailler pour gagner de l’argent, pour m’acheter des objets, pour me faire du bien, me faire plaisir... C’était un non-sens et totalement incohérent pour l’être que je suis... Je ne pouvais accepter cette réalité.
Cependant, la découverte des métiers manuels m’a permis de développer mes apprentissages, mes connaissances, mes compétences et de mettre en application mes acquis… En fait, ce n’est pas le métier que j’apprenais qui me faisait grandir, mais bien la découverte de mes capacités, mes forces et mes limites... Il n’y a pas d’autre endroit que par l’expérience que l’on se découvre soi-même. Recevoir la tape dans le dos après avoir accompli mes tâches, voilà ce qui me rendait encore plus fier. J’adore transformer les matériaux, jouer avec la matière... Pour moi c’est un grand jeu tout ça. La difficulté c’est quand ce jeu est terminé et que j’ai dû faire face à la productivité... Là, je me suis perdu, c’était encore une fois, un non-sens.
Mon parcours professionnel, les métiers que j’ai accomplis...
Il est atypique et c’est pourquoi je me permets de te le partager.
Si cela peut permettre à quelqu’un de se reconnaître et poser un baume sur ses plaies, ″ma job est faite...″
Il y a deux grandes veines dans mon parcours professionnel, les métiers manuels (mécanique, soudure, peinture, etc...) et le développement personnel que je t'ai partagé une première partie plus haut. Voici celle sur les métiers manuels.
J’ai dressé une liste des métiers que j’ai accomplis :
-
2007- Peintre industriel (AEP)
-
2011- Mécanicien automobile (DEP)
-
2012- Mécanicien de camion pétrolier (Citerne)
-
2015- Technicien en gaz naturel (ASP - TAG 1)
-
2017- Lancement d’entreprise (ASP)
En moi, il y a cette soif d’apprendre, de découvrir…
Je suis un passionné, je suis curieux...
Attache ta tuque avec d’la broche…
Je ne sais pas si tu es prêt à lire ce qui suit...
Pour ce qui est des emplois, j’en ai compté plus de 40 différents depuis mes 18 ans (et j’en oublie probablement). Dans chacun de ces métiers, j’ai toujours excellé. Je suis un grand perfectionniste qui adore comprendre le fonctionnement des choses.
C’est en toute humilité que je vous partage ceci... C’est en arrêtant de consommer que j’ai travaillé plus de 1 an au même endroit... Quelle victoire. Oui, l’arrêt de consommation m’a permis de me stabiliser émotionnellement et ainsi savoir prendre un pas de recul devant les situations plus difficiles pour ne pas réagir sous l’impulsivité et fuir.
Cela dit... en date d’aujourd’hui, je n’ai jamais été plus de 2 ans au même endroit.
Ce qui fait que j’en reviens à ce besoin de changement, de nouveauté pour me stimuler et me garder dans ce flow d’apprentissage, de connaissance et de découverte. Cela m’a pris des années pour m’accepter dans cette partie de moi, ″ce besoin de stimulation″. Certains vont rester 40 ans au même emploi et toujours être stimulés, mais pas moi... Mon besoin d’aventure, d’exploration, de découverte est plus fort que mon besoin de sécurité et de stabilité. J’ai longtemps frappé des murs en moi en me comparant avec mes pairs et j’en frappe malheureusement encore.
Me permettre de découvrir, majoritairement par la littérature, l’histoire d’autres personnes qui ont vécu sensiblement le même cheminement et qu’ils réussissent dans leur vie, m’a apaisé énormément. C’est une des raisons du pourquoi je te le partage, pour que tu saches, que tu es normal si tu fonctionnes ainsi, ou si un de tes proches ressemble à mes dernières lignes, sache qu’il n’est pas seul.
Début de mon parcours universitaire…
Je suis entré à l’université suite à la suggestion d’un orienteur en 2016. La seule chose que je me voyais étudier, c’était la psychologie. J’ai débuté mon parcours à titre d’étudiant libre à l’UQAM en 2017 et je n’ai suivi que des cours dans ce domaine, j’en étais captivé. Au départ j’ai travaillé dur pour apprendre des méthodes d’étude et de travail, moi qui n’ai jamais été au Cégep. Essai-erreur était le meilleur procédé pour apprendre à me développer...
Lors d’un cours en psychologie à l’UQAM, un étudiant m’a parlé de PNL (Programmation Neuro Linguistique). Je ne connaissais pas ça, alors j’ai cherché ce que c’était et quelles écoles l’offraient. Je me suis inscrit à une première fin de semaine et j’y suis tombé en amour. Ce fut un parcours extraordinaire, j’ai terminé ma certification de 1080h à titre de Coach en 2022.
En 2018, j’ai fait du bénévolat avec l’organisme Grands Frères Grandes Sœurs de Montréal. J’ai accompagné un jeune du primaire durant une année scolaire à titre de Grand Frère et ce fut une expérience mémorable.
2019-2020, j’ai tenté d’accéder au baccalauréat en psychologie, et j’ai été refusé les deux années consécutives. Le programme est très contingenté et vu que je n’ai pas été au Cégep, il m’est plus difficile d’entrer dans un programme de ce type. J’ai alors opté pour un certificat en intervention psychosociale que j’ai débuté en janvier 2020. Cela m’a permis de postuler pour un emploi comme intervenant pour les personnes en situation d’itinérance. Ce fut une expérience transformatrice qui m’a permis de valider que je suis exactement au bon endroit, en relation d’aide.
Quand le Rêve devient réalité…
Depuis le début de mon rétablissement, j’aspirais à aller voir les jeunes dans les écoles secondaire, rêve que je visualisais depuis longtemps. Pouvoir aller parler avec eux de leurs rêves, d’espoir, de résilience et des apprentissages que l’on peut faire dans nos moments les plus difficiles.
En 2022, j’ai eu l’opportunité d’être embauché par La Maison Jean Lapointe au département de prévention des dépendances et de parcourir le Grand Montréal à travers les écoles secondaires. J’ai fait des ateliers de prévention des dépendances directement dans les classes avec les adolescents. Ce fut une expérience remarquable pour mon apprentissage et une confirmation supplémentaire de la direction qui se traçait pour moi. Énormément de gratitude pour mon expérience vécue.
En 2023, début de mon certificat en toxicomanie à l’université de Sherbrooke (diplômée en 2025). J’ai eu l’opportunité d’être embauché par Le Pavillon du Nouveau Point de Vue comme intervenant en dépendance auprès des adolescents de 14 à 17ans. Le programme pour les ados comporte du plein air 4 fois semaines, que de beaux souvenirs de cette expérience. Quelques mois plus tard, on m’a offert de transférer au secteur adulte, et j’ai accepté. Jusqu’à la fin de mon terme, j’ai travaillé aux deux secteurs, adolescent et adulte. J’ai animé des ateliers du programme Minnesota (Les 12 étapes) et accompagné des humains d’exception dans la reprise de leur pouvoir. J’ai quitté fin 2024 pour démarrer mes activités professionnelles en accompagnement.